Rousseau et l’origine de l’inégalité parmi les hommes

by BL 0 Comments

Rousseau et son discours sur l’origine de l’inégalité est un des fondements de la pensée révolutionnaire. Voyons cela de plus près.

 

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Présentation du livre

On trouvera le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes dans de nombreuses collections. L’ouvrage fait environ 300 pages. Paru en 1755 cet œuvre de Jean-Jacques Rousseau est un grand classique.

 

Introduction

En 1754, l’Académie de Dijon propose le sujet suivant: « Quelle est l’origine de l’inégalité parmi les hommes, et si elle est autorisées par la loi naturelle ? » Rousseau en fait une thèse.

Une thèse où il nous offrira un plaidoyer philosophique pour répondre à cette question.

Sa thèse va s’articuler autour de deux parties: l’homme dans la nature et l’homme dans la société.

I. l’Homme dans la nature

I.1 L’homme physique

Au départ l’homme cherchait uniquement à se nourrir, à se protéger des agressions extérieures et à se reproduire.

En ce sens, l’homme fait naturellement la guerre à l’homme.

Rousseau s’oppose ici à Hobbes:

  • pour Rousseau, l’homme est craintif et non intrépide et combatif
  • pour Hobbes, l’homme est naturellement méchant.

L’homme sauvage n’a pas de moyen pour se défendre contre les infirmités naturelles comme l’âge et les maladies. La médecine n’apporte pas une plus grande espérance de vie. C’est notre façon de vivre qui diminue notre espérance de vie. Nutrition, pénibilité du travail, … En effet, l’homme sauvage est moins tourmenté et donc moins sujet aux maladies.

I.2 L’homme moral

L’homme a conscience de l’existence de la mort. Cela le différencie de l’animal. Les hommes se sont rapprochés pour des besoins mutuels. Le commerce agricole et les outils, par exemple. Cela a permis le développement du langage et de la pensée.

Par instinct, l’homme n’est ni bon  ni méchant. Les passions (créées par les lois) sont uniquement l’ouvrage de la société.

L’homme sauvage n’a pas d’amour propre ni de sentiment d’injustice. Il peut éventuellement éprouver de la pitié.

Donc, il y a moins de différence entre les hommes dans l’état naturel qu’entre les hommes au sein de la société. Les inégalités s’accroissent avec la mise en place d’institutions.

II. L’homme dans la société

Le développement de l’agriculture a donné naissance à la propriété.

Comme le dit Locke, « Il ne saurait y avoir d’injure où il n’y a point de propriété ».

Le développement du commerce a permis l’apparition du langage.

L’homme s’est regroupé en société. Il s’en est suivi un développement de qualités humaines autres que celles de l’homme primitif.

La société a également entraîné l’apparition de nouveaux sentiments. Comme la moralité, la punition, la justice, la vengeance ou l’amour propre.

La notion de solidarité est aussi apparue. Mais, quand un homme possède des provisions pour deux, une inégalité s’instaure entre les individus.

La naissance d’une civilisation organisée autour de l’agriculture et de la métallurgie a entraîné une perte du genre humain. Les deux corps de métier travaillant autant mais n’étant pas rémunéré de la même façon cela a conduit à une inégalité et à la création d’un pacte social.

Le pacte social d’après Rousseau

Le pacte social est la convention que les membres d’une même communauté passent les uns avec les autres et au terme duquel ils renoncent à leur indépendance afin de mettre fin à l’état de guerre.

Il enveloppe:

  • le pacte d’association par lequel les hommes acceptent de se plier à des lois communes et d’où procède la société policée
  • le pacte de soumission ou de gouvernement par lequel le peuple confie la charge d’appliquer les lois à un pouvoir exécutif.

Avec la création de la société, sont apparus:

  • les institutions (Justice, État, Magistrature)
  • les guerres
  • les oppositions (Faibles / Forts, Pauvres / Riches)
  • la notion de liberté
  • les lois
  • la politique, la philosophie,…

De l’inégalité entre les hommes est venu ensuite l’inégalité entre les peuples. Ceci a entrainé les guerres, la jalousie la violence généralisée. Et comme dit Hobbes « La guerre de tous contre tous ».

Conclusion

Comme le dit Rousseau :

(…) l’inégalité, étant presque nulle dans l’état de nature, (elle) tire sa force et son accroissement du développement de nos facultés et des progrès de l’esprit humain et devient enfin stable et légitime par l’établissement de la propriété et des lois.

Ce que j’ai aimé

La démonstration logique faite par Rousseau. Le texte ne digresse pas par rapport à la question posée.

Ce que je n’ai pas aimé

Le manque d’exemples historiques ou scientifiques pour appuyer ses propos. Il est vrai que Rousseau les a volontairement relargués à la fin de son discours sous forme de notes.

 

Réflexion

L’agriculture et la sédentarisation ont peut-être créé les inégalités. En tout cas, elles ont permis le progrès. Si des effets de bord sont survenu n’est-ce pas à cause de l’imperfection de l’homme ? Toujours ce désir de dominer l’autre !

Les malheurs de l’homme ne sont pas dus à la société mais au désir de pouvoir d’un petit nombre. De nos jours nous sommes toujours le jouet d’une ploutocratie transnationale.

Mais le pire est que les esclaves de ces petits groupes dominants se complaisent. Car il suffirait de leur refuser ce dont ils ont besoin : notre travail et notre argent.

 

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Photographie : Catkin

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