Le pouvoir des signes – Le langage – L’art et la communication

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Le langage comme l’art permettent l’expression d’idées ou de sentiments. Le langage se réduit-il au pouvoir des signes ?

Dans cet article je résume le livre d’Érik Louis : « Le pouvoir des Signes – Le langage – L’art ».

Donc, comme vous l’avez compris, ce livre s’articule autour de deux thèmes : le langage et l’art.

 

le pouvoir des signes

A – LE LANGAGE

I – le langage humain et communication

I. 1 Définition

D’après le dictionnaire « Le Petit Robert », le langage c’est une fonction d’expression de la pensée et de la communication entre les hommes mise en œuvre au moyen d’un système de signes vocaux (parole) et éventuellement de signes graphique (écriture). Cette fonction constitue une langue.

Selon Buffon (page 8), le langage possède trois propriétés :

  • symbolique
  • combinaison et arrangement de signes
  • faculté de se faire entendre

=> ce qui permet la signification.

 

I.2 Le langage outil de communication

Le langage humain est composé de codes. Mais pas seulement. Sinon il n’y aurait pas de différence entre la communication entre les humains et la communication entre les abeilles.

Ainsi comme nous le montre l’explication page 24, le code utilisé par les abeilles donne une information mais ne fait pas appel à une réponse.

De plus les abeilles ayant reçu ce code ne seront pas capables de le reproduire à d’autres congénères sans être allées elles-mêmes sur place.

 

I.3 Les différents types de communication

On distingue :

  • le symbole linguistique
  • le son
  • le référent

 

I.4 L’apprentissage de la langue

Il se fait par auto-correction et par l’expérience, puis secondairement par l’éducation (selon Humbolt page 14).

Après cet apprentissage vient la compétence linguistique qui est la possibilité de construire et d’interpréter un nombre infini de phrases (Chomsky page 15).

Ensuite, la compétence se poursuit par l’interprétation et l’analyse du langage. Il s’agit de la faculté de répondre et de commenter (ou critiquer).

Le langage permet donc non seulement d’exprimer ses idées, de communiquer mais également de dialoguer.

 

I.5 Le langage et le problème de l’origine

Pour Rousseau, il y a une analogie entre l’origine des langues et l’origine de la société.

Tout comme on est passé de l’animalité à l’humanité, on est passé de la communication animale au langage.

Cependant, Rousseau peine à démontrer cette hypothèse. Il conclut dans le « Discours sur l’origine de l’inégalité » sur une critique de l’hypothèse d’une origine conventionnelle.

De son côté, André Leroi-Gourhan (page 21-22) nous éclaire sur le sujet.

L’homme sans technique n’est pas concevable, tout comme l’humanité sans langage n’est pas envisageable.

Il faut donc lier ces trois caractères : langage – technique – société, qui sont indissociables. Ce qui permet de préciser la définition du langage.

 

II – Le langage et la pensée

Le linguiste génois, Ferdinand de Saussure, s’intéressera à la communication et à la linguistique (= étude des langues).

La communication est possible grâce à l’émission d’un code (émetteur + codage) et à la réception de ce codage (récepteur + décodage).

Toujours selon De Saussure (page 28-29), la langue est constituée de signes qui sont mis en rapport par le nom des choses (signifié ou concept) et le son (signifiant ou image acoustique).

C’est grâce à ce système que s’organise la pensée.

[Note de l’auteur] On pourra aussi s’intéresser aux fonctions de structure profonde et structure de surface développées par Richard Bandler, père de la PNL. Mais cela sort du cadre poussiéreux de la philosophie.

 

III – La parole et l’action

On se posera ici le problème:

  • de la relation entre le langage /la langue et la réalité
  • du rapport entre un esprit humain et le monde

Certes, les mots ont un sens, « Le mot porte le sens » comme le dit Merleau-Ponty. Mais cela ne suffit pas à donner une représentation de la réalité.

Afin de rendre compte d’une situation, nous avons besoin d’établir un univers de discours.

 

Pour conclure, rappelons les différentes fonctions de la communication (but ultime de la parole) décrite par Jakobson (Page 48-49).

La fonction :

  • référentielle = transmission de renseignement
  • émotive = transmission de sentiments
  • conative = visant à provoquer l’action d’autrui
  • phatique = visant à établir, prolonger ou interrompre la communication
  • métalinguistique = utiliser par les interlocuteurs pour vérifier qu’ils utilisent le même code
  • poétique

 

B – L’Art

I – L’art, les arts

Le dictionnaire « Le Petit Robert » propose deux définitions:

  • métier exigeant une aptitude et des connaissances (apprentissage) de la part de la personne qui l’exerce
  • expression par les œuvres de l’homme, d’un idéal esthétique; ensemble des activités humaines créatives visant à cette expression.

 

En fait le mot « art » fait référence à une diversité d’activités faisant l’objet de débats, tel que: « Peut-on définir la pop-musique comme un art? »

 

C’est parce que nous faisons appel à un jugement lorsque nous parlons d’art qu’il est sujet à controverse.

Ainsi, l’art est le produit d’une réalisation humaine qui peut faire appel à une technique ou un savoir faire comme celui de l’artisan.

Donc il se caractérise par la production d’objet esthétique mais pas obligatoirement utile comme le montre Kant (page 61).

 

Toutefois, nous devons noter que l’œuvre d’art existe par le jeu d’un double processus:

  • l’activité (production, conception) de l’artiste
  • l’activité (observation, explication) du spectateur

Par conséquent on rejoint ainsi le domaine du langage et le couple émetteur – récepteur.

 

II – L’art et le monde

Il y a une opposition entre le beau relatif à l’utile et le beau relatif à l’inutile.

L’œuvre d’art nous ouvre les yeux sur la beauté et sur le rapport au monde.

Ainsi, dans l’Antiquité, l’art servait à imiter la nature. Ce qui fait dire à Platon que l’art est mensonge puisqu’il imite la réalité (page 64).

Plus tard, Balzac dira que l’art ne sert pas à copier la nature mais à l’exprimer.

Cependant, l’art peut également prendre sa source dans l’abstrait.

L’art est une sorte de jeu philosophique entre son auteur et son spectateur. Jeu de plaisir, d’interprétation du monde extérieur, de connaissance de soi.

 

III – L’art et le moi

Ce qui meut l’artiste dans sa création c’est l’inspiration.

Cette inspiration prend sa source dans différents domaines tels que la religion ou les émotions.

Ainsi, on peut penser que la création artistique est une sorte d’auto-analyse. Elle permet d’assouvir son propre plaisir. Et, selon Freud, elle permet une satisfaction sexuelle (sublimation).

Mais l’artiste ne cherche pas uniquement le plaisir. Il cherche aussi à se libérer de ses propres souffrances. C’est ainsi qu’avec un travail acharné, il se libère de ses névroses.

C’est ainsi que l’art est en ce sens une thérapie.

 

IV – Le langage des formes

L’artiste ne se contente pas de « copier » le monde. Il y apporte aussi son interprétation.

En ce sens, l’art se rapproche du langage.

En effet, l’artiste communique avec le spectateur en proposant son analyse du monde réel.

Le spectateur y est ou non réceptif mais il n’est jamais indifférent.

 

Ce que je n’ai pas aimé

  1. Les explications pas assez fluides comme celle proposée sur le dialogue de Platon appelé « Cratyle« 
  2. Le manque de citation de peintres ou sculpteurs dans la seconde partie du livre sur l’art. Le développement de l’auteur n’est jamais agrémenté d’exemple de peinture ou de sculpture ce qui donne un discours très didactique.

 

Ce que j’ai aimé

  1. L’analogie communication animale / langage humain proposé par Emile Beveniste (page 24-25).
  2. L’ouverture du sujet de l’art sur l’inspiration, les métiers d’art et la philosophie.
  3. Les aides pédagogiques en fin de chapitre qui proposent la lecture d’œuvres philosophiques sur le sujet concerné et qui en donnent les idées principales.
  4. La diversité des citations des illustres philosophes qu’il faut forcément citer si on traite le sujet du langage ou de l’art.

 

D’une façon générale, ce livre condense et synthétise parfaitement ce qui peut être dit sur le pouvoir des signes.

Image : lekkyjustdoit at FreeDigitalPhotos.net

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