Le Banquet de Platon – petit résumé non orthodoxe

Le Banquet. Platon. Je vous propose un résumé et une analyse de cette œuvre philosophique. Et nous verrons que le philosophe chouchou de l’Église ne manque pas de piquant.

L’histoire commence par une rencontre entre Appolodore et Glaucon. Ce dernier souhaite qu’on lui raconte les discours du banquet qui a eu lieu chez Agathon.

Appolodore rapporte alors les propos que lui a tenus Aristodème. Au fait, fidèle disciple de Socrate, il en est amoureux.

banquet platon resume

Présentation

Le Banquet est un petit livre rapide à lire. Il ne fit que 160 pages dans l’édition étudiée. Et c’est en comptant les notes.

 

L’éloge du Dieu Amour

Le banquet s’est déroulé en 416 av. JC. Avant le départ de Agathon en Macédoine. Pour fêter son couronnement pour sa première tragédie, Agathon, jeune poète tragique, décide d’inviter ses amis.

Après avoir dîné, ils firent des libations. C’est un rituel au cours duquel un hôte verse du vin par terre en l’honneur du Dieu. Puis il se sert lui-même en prononçant une prière. Et enfin on chante et on boit.

Cependant, Pausanias voulu trouver une façon de boire sans que cela devienne désagréable. Ainsi tous voulurent boire uniquement pour le plaisir et non jusqu’à l’ivresse.

Eryximaque reprit alors l’idée de Phèdre (est-ce celui-ci ?) : faire un éloge à l’amour. Chaque invité, à tour de rôle devra s’employer à cet exercice.

 

Une joute oratoire qui finit en apothéose

Phèdre ouvre le bal de cette ronde en affirmant que l’amour est le plus anciens des dieux. Il est également le plus vulnérable et le plus puissant.

Pausanias, lui succède. Il lui répond que l’amour n’est pas unique mais double car il est inséparable d’Aphrodite. Or il y a deux Aphrodite, l’une vulgaire et l’autre céleste. Seul l’amour céleste est beau car il s’attache à l’âme et non seulement à l’être aimé.

Remarque : on reconnaît du Platon. Seule l’âme est valable ! Donc cela a plu aux chrétiens. Lesquels n’ont reconnu que lui comme philosophe. Aujourd’hui on sait que l’âme et le corps sont intimement intriqués.

Eryximaque, qui est médecin, prend en suite le relais. Pour lui les 2 amours dont Pausanias a parlé précédemment doivent s’étendre au delà des relations humaines. La médecine est la science qui explique les mouvements du corps mais c’est Eros, le Dieu de l’Amour, qui gouverne les corps.

 

Le Mythe d’Aristophane

Aristophane, le plus grand poète comique de la Grèce Antique, a quant à lui recours à un mythe pour son exposé: le fameux Mythe d’Aristophane.

Au commencement, il existait trois genres sur la terre. Les hommes doubles, les femmes doubles et les êtres mixtes (les androgynes). Or ces êtres décidèrent un jour de provoquer les Dieux. Pour les punir, Zeus décida de les couper en deux. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui chacun cherche sa moitié. L’amour est donc un quête pour assouvir le désir de combler un manque en retrouvant l’unité perdue.

Puis, Agathon s’emploie alors à l’exercice. Il exalte Eros, le Dieu Amour qui, pour lui, est le plus jeune de tous les Dieux.

Enfin vient la tirade tant attendue de Socrate. Elle se décline sous la forme d’un dialogue qu’il a eu avec la prêtresse Diotime. Il nous expose alors deux idées majeures :

  • l’amour permet l’immortalité en perpétuant l’espèce, par l’enfantement
  • c’est dans la philosophie, dans les relations entre le jeune et le sage, que l’amour s’accomplit pleinement. Grâce au philosophe, le jeune découvre le beau. Dans le monde des sens (corps, âmes, conduites, sciences, philosophie).

Le banquet se poursuivra par l’arrivée de jeunes hommes ivres dont Alcibiade et se terminera au petit matin.

 

Ce que j’ai aimé dans Le Banquet

La conceptualisation de l’amour qui va au-delà du discours poétique. En effet, il n’est ici pas juste question de décrire le phénomène amoureux, mais plus de développer les aboutissements de l’amour.

 

Ce que je n’ai pas aimé dans Le Banquet

  • La pluralité des dieux cités qui font appel à une bonne connaissance de la mythologie grecque si on veut s’y retrouver (Hésiode, Orphée, Dioné,…).
  • L’apologie de la pédérastie. La relation entre le jeune et son maître est sans équivoque. Les relations sexuelles font partie de l’apprentissage.

 

Conclusion à propos du Banquet

Le banquet est une œuvre singulière. Les concepts qui s’en détachent en définitive sont : l’amour, le beau et la philosophie.

Platon fait du Platon. On dénigre le corps. On sort des âneries concernant l’âme et le céleste. Pas étonnant que ce philosophe ait plu aux religieux. Il dit que ce bas monde est moche. Et qu’il faut préférer ce qu’il y a en haut.

Mais ce qui trouble le plus. Et ce qui fait se poser des questions sur le choix d’un tel philosophe c’est la sexualité. Une sexualité déviante. Tordue.

Plus qu’un récit philosophique, le Banquet est un récit malsain.

Seule l’évocation du mythe d’Aristophane sauve le Banquet.

 

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