Ainsi parlait Zarathoustra – Nietzsche

Nietzsche… Zarathoustra… Quand j’ai trouvé ce livre dans la bibliothèque de ma belle-mère, je me suis dit « Tiens, pourquoi pas? » Je m’attendais à de longues démonstrations bien ennuyeuses, type celles de Hume qui se perd dans des théories interminables. Théories qui se veulent scientifiques. Mais qui sont finalement incompréhensibles comme dans Enquête sur l’entendement humain.

 

zarathoustra

 

Dans le genre, Nietzche, fait plutôt dans l’humour. Mais il faut quand même s’accrocher pour voir où il veut en venir.

Son conte philosophique se présente en 4 parties :

  • Première partie.
  • Deuxième partie.
  • Troisième partie.
  • Quatrième partie.

Non il n’y a pas de titre !

Déjà on voit que l’auteur ne s’est pas trop « foulé ».

 

Puis, Nietzsche, divise son œuvre en sous chapitres. Il nous gratifie alors de titres ! Oui mais ils n’ont pas toujours de rapport avec ce qui y est raconté.

Avec tout ça, je vais tenter de faire un résumé de cette œuvre. Peut-être pas très structurée, mais bien déjantée et finalement plaisante.

 

Première partie (1883)

Cette partie, s’attache à évoquer des sujets comme :

  • Dieu.
  • La vertu.
  • La justice.
  • La liberté.
  • L’Etat.
  • L’amitié.

Elle débute par le prologue de Zarathoustra. À 30 ans, il quitte son pays pour aller vivre en ermite dans la montagne.

Au bout de 10 ans, il décide d’abandonner sa solitude et de « sonder son cœur ». Il retourne vivre parmi les hommes.

Sur le chemin, il croise un ermite (qui est un religieux) et lui apprend que « Dieu est mort« .

Là, commencent les discours de Zarathoustra. Nous allons lire une succession d’anecdotes. De mythes. De contes. D’histoires, voire de délires. Que Zarathoustra racontent à tous ceux qu’ils croisent.

D’où le fameux « Ainsi parlait Zarathoustra« .

 

Les 3 métamorphoses

Dans « les 3 métamorphoses« , il développe la notion de sacré.

Pour lui l’esprit s’enrichit puis se libère en refusant. Le « non » sacré.

Mais avec l’oubli il revient au « oui » sacré.

Il compare l’esprit à :

  • Un chameau. Qui s’enrichit en portant de lourdes charges.
  • Puis à un lion qui se rebelle en disant « non ».
  • Enfin à un enfant (dont l’innocence revient au « oui » sacré »).

Personnellement, je ne vois pas où l’auteur veut vraiment en venir. Mais on y décèle les prémisses de son opposition à l’Église.

 

Autres contes

Dans deux autres contes, Nietzsche loue la vertu :

  • Celle du sommeil par le biais du discours  d’un sage. Ici se dévoile la ressemblance avec les paraboles que contaient Jésus à ses disciples. Il nous apparaît déjà que l’auteur s’en moque.
  • Celle des passions qu’il ne faut pas refréner comme le demande la religion.

Dans « Les visionnaires de l’au-delà« , Nietzsche dénonce les croyances religieuses.

Elles soutiennent que le monde serait l’œuvre de Dieu souffrant et tourmenté. Les croyants :

  • Haïssent la connaissance.
  • Aiment la rédemption et le sang.
  • Haïssent le corps et la probité.

Or, la démonstration de l’existence de Dieu est difficile. De plus, pour l’auteur, le corps est sain et pur.

 

Justice, liberté et connaissance

Ensuite Nietzsche nous parle de la difficulté de l’homme à juger son prochain (la justice). Ainsi la peine de mort existant, la condamnation erronée d’un juge peut être fatale.

Nietzsche donne  aussi son avis sur la connaissance. Pour lui le droit de lire et d’écrire peut conduire à un appauvrissement si cet art est pratiqué oisivement.

 

Pour être libre il faut avoir confiance en soi. La vie éternelle est celle qui est offerte. Elle est le discours de ceux qui aspirent au renoncement. Il faut s’en éloigner.

 

L’État mensonge

L’État n’est que mensonge.

Il manipule le peuple et le vole en appelant ça civilisation. Que de vérité ! Il faut fuir les places publiques qui regorgent de flatteurs. Les flatteries n’ont qu’un but : l’utilisation de l’homme par l’homme et la destruction de l’autre.

 

Amitié, amour

En amitié il faut savoir se battre. La femme est capable d’amour mais pas d’amitié. L’amour du prochain n’est qu’hypocrisie. Il sert à se valoriser mais ne mène pas à l’amitié sincère. C’est pour cette raison que Zarathoustra conseille la solitude.

Nietzsche a une mauvaise opinion des femmes : elles sont mauvaises et doivent être battues. Mais il ne porte pas non l’homme dans son cœur car selon lui, il est méchant et guerrier. Le mariage en prend aussi pour son grade. Pour Nietzsche, il signifie respect mutuel. Cependant bien souvent il est synonyme de pauvreté de l’âme, impureté de l’âme et pitoyable suffisance.

Zarathoustra poursuit ses discours sur la vertu, le bien et le mal, la mort de Dieu et le surhomme. Mais bientôt l’envie de s’isoler le reprends et il décide de quitter ses disciples.

Petite phrase à méditer « Meurs à temps » cela n’a jamais été vérifié car on meurt toujours trop tôt ou trop tard.

 

Deuxième partie (1883)

Retourné à la solitude Zarathoustra grandit en sagesse. Il continue d’être à la recherche du surhomme qui doit remplacer Dieu.

Pour lui les hommes de foi sont heureux dans leur pitié. Mais la pudeur leur manque.

Nous sommes antipathiques avec ceux qui nous indiffèrent, et encore plus qu’avec nos ennemis.

Le diable lui même aurait dit: « Dieu aussi a son enfer: c’est l’amour des hommes ». Les prêtres disent aimer Dieu. Mais ils ont crucifié son fils, le sauveur. On peut donc comprendre le désarroi de notre héros face à la religion qui entraîne les peuples dans la superstition et les éloigne de la vérité.

Bien que retiré de tous, Zarathoustra ne peut se taire. Dans le paragraphe « De la victoire sur moi-même », on retrouve les idées de La Boétie : « Qu’est-ce qui décide l’être vivant à obéir, à commander et à être obéissant en commandant ? ». Ce sujet est largement abordé dans « Discours de la servitude volontaire ».

Zarathoustra s’attaque à beaucoup de catégories de personnes. Notamment les savants qui sont spoliés par les honneurs. Et les poètes qui aiment à se faire passer pour des médiateurs et qui ont besoin de spectateurs. Les hommes d’Église en prennent aussi pour leur grade. Leur communauté est une espèce d’État dans l’État. Ils sont l’espèce la plus mensongère.

Par la suite, une prédiction (on ne saura jamais laquelle) d’un devin va plonger Zarathoustra dans un isolement sans nourriture et sans parole. Forcément, on peut rapprocher cet épisode de la retraite de Jésus dans le désert pendant 40 jours et 40 nuits ou de celle de Moïse sur le mont Sinaï.

Dans « La rédemption », Zarathoustra parle de la guérison des handicapés. On peut encore y voir une référence à Jésus qui guérissait les malades. Là encore Nietzsche critique la religion car pour lui la guérison n’améliore pas leur vie. Il s’agit de gestes hypocrites. Ce que l’on a fait c’est ce que l’on a voulu faire. Comme cela tout va bien. Mais il ne s’agit pas de rédemption et encore moins de dépassement de soi.

Lassé de l’importance que se donnent les hommes, Zarathoustra ne cherche pas l’homme supérieur mais le surhomme. Il quitte alors ses disciples et part vivre en ermite dans la montagne.

 

Troisième partie

Zarathoustra redevenu solitaire se console et se parle.

Il s’embarque incognito sur un navire mais est vite reconnu. Pourtant il se sent plus seul que jamais. Il rêve et son rêve ne rime à rien. Mais on commence à avoir l’habitude avec Nietzsche. Plusieurs de ses phrases ne veulent rien dire. Il est évident que sans ces dérives inutiles, son livre ne ferait pas 370 pages mais seulement une centaine.

Mais revenons au voyage de Zarathoustra. Après s’être étendu sur l’amour maternel, il rejoint la terre ferme. Il ne retourne pas tout de suite dans sa montage. Il veut d’abord voir ce que l’homme est devenu.

Il le découvre tout petit et en déduit que la vertu de l’homme s’est amenuisé pendant son absence. En effet, l’homme se résigne pour garder son petit bonheur et pour que personne ne lui fasse du mal. Il reste donc modeste. Il abandonne sa volonté de puissance.

Dans la partie « Sur le mont des oliviers », Zarathoustra est le sosie de Jésus. Il n’a jamais menti sauf par amour. Il n’a jamais rampé devant les puissants. Il reprend une parabole bien connu du nouveau testament et la tourne en dérision. Là où Jésus disait « Laissez venir à moi les petits enfants », Zarathoustra dit  » Laissez venir à moi le hasard ». Par ce biais, Nietzsche se moque de Dieu.

Zarathoustra se sent supérieur aux autres hommes et le se révèle donneur de leçon face à un fou se trouvant dans la ville. Il lui montre sa supériorité par son questionnement et son mépris.

Zarathoustra critique de nouveau la religion : « C’est une honte de prier. Ils ont la bouche et l’estomac gâtés par les pieux confesseurs ».

Après tout ça, Zarathoustra veut revenir à la solitude et à l’oubli. Oui, moi aussi je trouve qu’il met bien longtemps à retourner dans sa montagne. A croire que la vie d’ascète, ce n’est pas si agréable… Cependant, il sait faire preuve d’humour car dans la forêt, il parle aux arbres. Il redevient sérieux lorsqu’il nous énonce les défauts qui éloignent de la sagesse : la volupté, le désir de domination et l’égoïsme.

La suite se résume en quelques mots:

  • Il faut s’aimer soi-même (d’un amour sain) pour supporter et être léger.
  • Il faut inventer une nouvelle noblesse, loin du peuple et du pouvoir.
  • Les ennemis doivent être dignes de haine et non de mépris.
  • L’homme est le plus cruel envers lui-même.

Ces dernières idées, en vrac, nous conduisent à la fin de l’errance de Zarathoustra qui va enfin (c’est pas trop tôt!) retourner dans sa caverne.

Juste une dernière idée : Zarathoustra n’a pas trouvé la femme avec qui il voudra faire des enfants. Le mariage ne sert pas seulement à se multiplier mais aussi à s’élever. Ce n’est pas très chrétien comme conception.

 

Quatrième et dernière partie (1884-85)

Pour rappel, « Dieu est mort, c’est sa pitié des hommes qui l’a tué ».

Cette fois, c’est bon Zaratoustra est retourné dans sa caverne en haut de la montagne. Il fait ami-ami avec les animaux qui lui apportent de la nourriture et du miel. Il est toujours à la recherche du surhomme.

Dans la forêt qui entoure sa caverne, il croise 10 personnages:

  • Le roi de droite.
  • Le roi de gauche.
  • Un vieil illusionniste, enchanteur.
  • Le dernier pape.
  • Un mendiant volontaire.
  • L’ombre.
  • Un scrupuleux de l’esprit.
  • Un morose devin.
  • Un âne.
  • Le plus hideux des hommes.

Zarathoustra invite tous ces personnages dans sa caverne. Il pense qu’ils représentent l’homme supérieur mais ils ne sont pas assez forts ni assez grands. Donc, ce ne sont pas ses héritiers.

Zarathoustra les convie à un repas. Ce paragraphe appelé « la cène » est une parodie du dernier repas de Jésus (sans judas). Le sujet de discussion dans la caverne fût l’homme supérieur.

Pour la populace, l’homme supérieur n’existe pas car nous sommes tous égaux devant Dieu. Or Dieu est mort, donc l’homme supérieur doit s’éloigner du peuple. De plus l’homme est méchant. Ceci est contradictoire avec ce que soutient Rousseau dans le « Discours sur l’origine des inégalités parmi les hommes ». Pour lui l’homme est naturellement bon. C’est la vie en société qui le rend méchant. 

Le surhomme n’ayant pas vocation à supporter le mal, il doit être le meilleur. Il est l’opposé de Jésus qui portait les pêchés de l’homme et souffrait pour lui.

Nietzsche définit ainsi les qualités du surhomme:

  • Il est probe.
  • Il se méfie des savants car ils sont « froids » et « secs ».
  • Il ne compte que sur lui pour s’élever.
  • Il ne croit pas aux évangiles.
  • Il approche son but par des détours.
  • Il aime rire.

[C’est tout moi, ça !? :-)]

Voilà, au bout de presque 350 pages nous connaissons enfin les qualités que doit avoir le surhomme. Ceci dit on n’est pas très sûr d’avoir bien compris.

Aussi, Zarathoustra continue de nous parler de l’homme ordinaire pour que nous puissions bien faire la différence. La crainte est inné à l’homme. Elle explique le pêché originel et la création de la science.

Dans sa caverne, Zarthoustra nourrit les hommes supérieurs qu’il a invités de nourritures et de maximes mais leur reconnaissance est fragile. Au cours de la soirée, ils se mettent à vénérer l’âne et à l’adorer. Zarathoustra comprends alors que ces hommes cherchent le royaume de la terre, ce qui est loin de ses propres objectifs. Il réussit à leur faire changer d’avis, mais ironie du sort, c’est Zarathoustra lui-même qu’ils se mettent à vénérer. Tout irait pour le mieux si au petit matin, Zarathoustra ne reconnaît plus ses hôtes comme des hommes supérieurs. Déçu, il quitte sa caverne. Il n’a toujours pas trouvé le surhomme.

 

Conclusion sur Zarathoustra

Que de sous-entendus, que de détours, que de paraboles, que d’histoires sujets à interprétation. Ce livre est réservé à des connaisseurs c’est sûr.

Je vais tout de même vous livrer ma conclusion. Nietzsche, par le personnage de Zarathoustra cherche à s’élever et à atteindre la sagesse. Il est en quête du surhomme, moyen utilisé pour dénoncer la justice des hommes, la religion, la liberté et l’État.

Même si je n’ai pas adhéré à son écriture, son discours est novateur pour l’époque et surtout courageux. Car s’attaquer à la religion au XIXème siècle et avec ironie, en plus, était plus qu’audacieux.

Dieu est mort : je suis d’accord mais il semble que l’homme l’ai déjà remplacé par le surhomme.

 

Crédits photos : canva & PIxabay 821764

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Leave a reply

Your email address will not be published.

You may use these HTML tags and attributes:

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>